Promenade du crime (Peter Guttridge, 2010)

promenade du crimeUn meurtre non résolu de 1934 et un désastre policier de 2010 comme points de départs d’un page-turner efficace et distrayant

Une intervention qui foire, quatre morts, toute l’équipe policière mise à pied. L’info était mauvaise. Des choses qui ne devraient pas arriver. Mais que les flics qui ont participé au désastre commencent eux aussi à disparaître, voilà qui est moins commun. L’affaire a coûté sa place au chef de la police de Brighton, Robert Watts. Persuadé qu’il y a là autre chose qu’une bavure, il mène son enquête. En parallèle, des documents liés à une affaire ancienne refont surface. Ils pourraient relancer l’enquête sur le meurtre à la malle, qui a remué l’Angleterre des années 30. Entouré d’une collègue, d’une jeune journaliste et d’un ancien des commandos SAS, Robert Watts va mener de front ces deux projets.

Brighton, sa promenade de front de mer, sa plage de galets, ses jetées, ses festivals, sa vie nocturne : le coin parfait pour un weekend loin de Londres. Et puis il y a l’autre Brighton, la drogue, les chocs entre les clans locaux et les mafias étrangères. Comme les pères du roman noir comme Ross MacDonald se sont plu à nous raconter l’envers du rêve californien, Peter Guttridge lève le voile sur une Brighton moins reluisante que l’image d’Épinal de cette respectable station balnéaire victorienne. Ancien directeur du festival de littérature local, Guttridge connaît la ville. Ancien critique de polars, il maîtrise les ficelles. Son enquêteur n’a rien du flic désabusé et meurtri : Robert Watts est un ancien soldat ambitieux, qui semble vivre sa première vraie enquête de terrain alors même qu’il a été démis de ses fonctions.

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Le Brighton Pier (Wikipedia)

L’enquête est menée grand train et pose quelques personnages sympathiques à défaut d’être foncièrement crédibles (l’ancien SAS casseur-de-bras-mystérieux-mais-aimable). Le trait est également probablement forcé pour ce qui est de la description de Brighton – on peut faire de toute bourgade un enfer à coups de faits divers. Pas convaincant mais pas rédhibitoire non plus, Guttridge essaye de se raccrocher aux faits dans un post script, mais l’enjeu n’est pas là, il faut prendre Promenade du crime pour ce qu’il est, un page-turner efficace et distrayant à défaut d’être réaliste ou profond. Suffisamment accrocheur en tout cas pour donner envie de prolonger la trilogie, à laquelle le meurtre à la malle devrait servir de colonne vertébrale, puisqu’il n’est donc pas résolu dans ce premier tome.