La Griffe du passé (Marcelo Figueras, 2002)

Sale temps pour les Prétoriens, anciens dictateurs de Trinidad qui coulent des jours paisibles depuis la chute de leur régime. Alors que deux d’entre eux viennent d’être retrouvés morts dans des circonstances plus que troublantes, l’enquête touche chacun au plus profond de son vécu de la dictature : enquêteurs, anciens tortionnaires… Seul l’inspecteur Van Upp y a échappé : il était interné en psychiatrie suite à une affaire peu claire. Jusqu’où ira-t-il dans cette affaire où beaucoup espèrent le voir échouer ?

Dès les premières pages, une remarque s’impose: quel rythme ! Les chapitres très courts (généralement moins de 3 pages) permettent de rapidement passer d’un point de vue à l’autre, de suivre plusieurs personnages et actions en parallèle sans s’y perdre. Le style est à la fois léger et précis, rendant la lecture agréable et l’avancée terriblement efficace.

L’intrigue est très bien menée. Les développements de l’enquête permettent de plonger plus avant dans les blessures laissées par une dictature qui ressemble fortement à celle qu’a connu l’Argentine. Les contradictions des uns et des autres, le besoin d’oublier qui se heurte sans cesse aux plaies mal cicatrisées, disparitions de proches, peur constante et règne de l’arbitraire, ou au contraire nostalgie pour ceux qui étaient du bon côté de l’uniforme, les sentiments sont complexes. Le seul à y échapper est l’enquêteur, le seul qui va chercher à retourner la terre des fosses encore fraîches, et y chercher sa propre histoire. Ajoutez à ce tableau déjà bien rempli une note religieuse…

Le rythme enlevé permet d’avancer très rapidement dans l’intrigue, et il est difficile de lâcher ce roman… Le style est très bon, et le roman policier permet de traiter le sujet compliqué du souvenir de la dictature sans l’attaquer de front : il sert à la fois de toile de fond et de liant, sans former le cœur de l’action. Quelques petits regrets sur le dernier quart, mais rien qui ait gâché mon plaisir, globalement une bonne découverte.

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Une réflexion sur “La Griffe du passé (Marcelo Figueras, 2002)

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