Le Golfe des Peines (Francisco Coloane, 1945)

Dix-huit nouvelles pour raconter le Grand Sud chilien, de la Patagonie à l’Antarctique, et la vie des marins, chasseurs de baleines, péons et rancheros qui peuplent ces terres hostiles.

A chaque fin de nouvelle on se demande un peu plus ce qui peut pousser ces hommes à s’accrocher à ces terres désolées, au climat violent et aux côtes inhospitalières. Cette violence semble d’ailleurs avoir gagné certains des habitants : les rudes marins pataugent dans le sang des baleines qu’on dépèce, les gardiens de troupeau castrent les agneaux à coups de dents, et en cas de dérapage parmi ces joyeux drilles la justice fait ce qu’elle peut.

Certains textes dégagent une certaine forme de sympathie mêlée d’incrédulité pour ces hommes et leurs logiques parfois surprenantes, comme pour Le Golfe des Peines ou Noël Sauvage. D’autres nouvelles prêtent moins à sourire et relatent les errements de ces sociétés oubliées du monde (Le Procès du Trauco). Dans tous les cas, Coloane nous révèle le bricolage, la débauche d’énergie pour survivre à ce monde où l’homme fait davantage figure de visiteur de passage que d’occupant à plein temps.

Les histoires sont racontées comme des récits de veillée, sans fioritures stylistiques, la plume est presque aussi rude que les paysages décrits. Coloane fait montre de grandes qualités de conteur, ces textes de 5 à 10 pages conviennent parfaitement à son style tranchant. La comparaison avec London n’est pas usurpée, si l’on pense par exemple aux Contes des mers du Sud : une part de légende, une part d’anecdote, une part de vécu… Mais en lieu et place des îles supposées paradisiaques du Pacifique, grands espaces et nature déchaînée sont au rendez-vous. Ça se lit très bien, on voyage, on sourit parfois, personnellement j’ai trouvé dans ce bouquin ce que je venais y chercher, avec le style Coloane en supplément.

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4 réflexions sur “Le Golfe des Peines (Francisco Coloane, 1945)

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