Montana 1948 (Larry Watson, 1993)

Employée chez les Hayden, une jeune femme sioux accuse l’oncle du jeune David d’abus en tous genres commis sur les Indiennes de la réserve voisine. Le garçon va alors voir son père, shérif de la ville, se débattre entre loyauté envers sa famille et justice.

Avec nos codes actuels, la vie en 1948 dans le Montana passe pour un semi-western. On peut encore s’y promener à cheval en ville, les enfants ont leurs fusils pour la chasse au faisan, et la réserve indienne qui jouxte la paisible municipalité de Bentrock a des airs de mystère. Au milieu de cette vie rustique, tranquille et bien ordonnée, David vacille entre l’admiration naturelle d’un fils pour son père et la déception de ne pas le voir porter colt 45 et éperons argentés façon John Wayne.

L’élément perturbateur, c’est cet oncle aimé de tous, héros de guerre, respecté dans le comté, qui aurait dérapé. Même si ses parents font tout pour le tenir dans le noir, David a la lucidité qu’on se plait bien souvent à nier aux enfants, pour se rassurer quand on les expose aux turpitudes du monde adulte. Ses réactions pleine de spontanéité face au danger qui menace l’équilibre de sa vie, sa volonté de protéger ses parents et de s’interposer sont touchantes et rendues de manière très vivante.

Larry Watson écrit par phrases courtes et limpides, une écriture pleine de sensibilité. La perte des illusions enfantines et la rencontre avec les méandres du monde adulte sont décrits sans l’emphase que peut donner le recul, à hauteur d’enfant. A voir ce conflit travers les yeux d’un garçon de douze ans, on perd toutes ses grandes certitudes pour ne voir que la détresse des parents face à l’horreur qui tombe sans crier gare sur cette famille paisible. Montana 1948 est aussi un roman sur le poids de la famille, les relations avec les parents, l’émancipation. Il est rare qu’un auteur écrive aussi bien l’enfance, sans surjouer la candeur.

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Une réflexion sur “Montana 1948 (Larry Watson, 1993)

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