There but for the (Ali Smith, 2011)

Au cours d’un dîner mondain irritant, l’un des invités quitte la table pour aller s’enfermer dans la chambre d’amis. Et ne plus en sortir. Miles ne communique pas avec l’extérieur, et suscite l’incompréhension des propriétaires. Rapidement, les médias sont mis au courant, et une foule campe sous sa fenêtre…

there but for the

S’ensuivent alors quatre plongées dans l’esprit et les souvenirs de personnes qui ont croisé Miles avant qu’il ne se coupe du monde, sans pour autant le connaître vraiment : une femme qui l’avait rencontré lors d’un voyage de jeunes, un homme avec qui il avait sympathisé au théâtre, une vieille dame qu’il visitait tous les ans, la fille d’un des couples invités au dîner.

Elu parmi les « Best Books 2011 » par le Guardian et Publishers Weekly, ce livre a été encensé un peu partout par la critique anglophone. « Un talent extraordinaire pour manier le langage ordinaire », « habile, chaleureux, expérimental, étonnamment émouvant », « un joyau » qui « explore un certain nombre de problématique sérieuses, la protection de la vie privée (où la couverture extensive du territoire anglais par la vidéosurveillance est mentionnée) et l’authenticité entre autres » (retenir de ce bouquin la dérisoire mention des caméras CCTV témoigne d’une analyse assez particulière).  A lire tout cela, j’ai le sentiment d’être passé complètement à côté du livre…

En effet, que retenir de cette plongée dans la vie de M. Tout-le-monde ? Notons tout d’abord le style assez habile, mêlant le dialogue libre et le flux de pensée des personnages aux souvenirs et anecdotes enclavés dans le récit. J’ai pensé à Faulkner, en nettement plus accessible… Cette volonté de monter un canevas d’existences liées par de petits évènements rappelle également les films d’Inarritu, comme Babel ou Amores Perros. Le résultat est évidemment bien différent avec un vecteur plus « lent » que le cinéma, l’écriture. Et le ton n’est pas du tout le même, Smith semblant cultiver une certaine ambition comique (qu’on aura bien du mal à retrouver chez Inarritu).

Si j’ai été quelque peu intrigué au début (qui est ce bonhomme, qu’est-ce qu’il fabrique dans cette chambre…), cet enthousiasme s’est émoussé quand rapidement  je me suis rendu compte que cette intrigue n’est qu’un prétexte pour s’immiscer dans la tête de certains protagonistes. A l’exception de la jeune Brooke, facétieuse et dotée d’un don certain pour les jeux de mots, ce qu’on y trouve ne m’a pas donné de palpitations. Peut-être ai-je un problème avec la littérature anglophone contemporaine, Anita Desai avait déjà échoué à me convaincre…

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