Dans la peau (James Carlos Blake, 2003)

James Rudolph Youngblood, fils d’une prostituée et d’un sanguinaire lieutenant de Pancho Villa, a quitté le ranch où il a grandi pour rejoindre Galveston, sorte de mélange d’Atlantic City, de Chicago, de Tombstone et de Las Vegas à la texane. Il y est homme de main des parrains locaux. Sa vie est rythmée par les rappels à l’ordre mafieux des resquilleurs et les bagarres au bordel. Sa route croise celle de Daniela, jeune mexicaine qui s’est échappée de la cage dorée où l’avait emprisonné son mari grabataire après l’avoir enlevée à ses parents.

dans la peau

James Carlos Blake est un habitué du demi-siècle qui s’étend de la Guerre de Sécession à la fin de la Prohibition. Cette époque, c’est celle des bandits mythiques, des hors-la-loi légendaires du Sud Américain comme Bloody Bill Anderson, Pancho Villa ou John Wesley Hardin.

C’est ici aussi l’ambiance que l’on retrouve, des gangsters rigolards mais sans pitié, violents, soudés, portés sur la boisson. Youngblood se détache de ce milieu, se rattachant à moitié au personnage récurrent (du Shane de Jack Schaefer à « l’Homme sans nom » de Sergio Leone) du pistolero surdoué mais taiseux. Ses patrons sont menacés par une organisation rivale, Daniela est pourchassée par les hommes de main de son mari, et Youngblood aura bien besoin de ses talents pour protéger ses employeurs et retrouver sa demoiselle en détresse.

En découvrant certains décors, personnages ou scènes d’arrière plan, ressurgissent des images de Leone, Peckinpah ou Scorsese. La complexité du personnage de Youngblood, dont l’histoire est dévoilée progressivement, le fait osciller de la violence brute à l’émotion silencieuse (s’il fallait un acteur pour le rôle, ce serait le Ryan Gosling de Drive ou le Clint Eastwood de la Trilogie du dollar), tout comme son amourette avec Daniela tranche avec les exactions de la Révolution mexicaine, qui les liait déjà bien avant qu’ils se rencontrent.

Le talent de Blake est évident dans ce roman empreint de finesse, aussi bon que la rencontre d’un excellent western avec un film de gangsters, tout en dépassant les codes de l’un et l’autre. Un don de conteur qui en fait un auteur à suivre.

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Une réflexion sur “Dans la peau (James Carlos Blake, 2003)

  1. Pingback: Crépuscule sanglant (James Carlos Blake, 1997) | Eustache Raconte

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