L’Île (Giani Stuparich, 1942)

Le père est malade et veut retourner sur l’île où il a vécu son enfance. Il demande à son fils de l’accompagner. Les retrouvailles du vieil homme avec la terre de ses origines sont aussi celle de père et fils confrontés à l’indicibilité de l’amour qui les lie.

ile

Face à la mort prochaine, le père tâche de profiter tandis que le fils espère un sursaut médicalisé. Les pudeurs sont tenaces, ni l’un ni l’autre ne veut gâcher ce moment privilégié en parlant du seul sujet qui existe. On fait comme si, on vit ces derniers jours comme une interlude. L’île coupe le fils de son monde, dont il n’est jamais question : cette semaine avec son père est un passage coupé du temps. Ils arrivent ensemble sur l’île, chacun prêt à ouvrir tous les grands sujets, à avoir toutes les grandes discussions qu’ils n’ont pas eues, prêts à se lancer dans des témoignages d’affection que la pudeur leur refuse. Chacun garde ses questions, le père admire dans son fils le portrait de ses jeunes années, le fils se remémore les longues attentes quand le père naviguait.

Stuparich donne à voir la sérénité de Lussimpiccolo, ses paysages de soleil et de pins. La douce maladresse des retrouvailles tranche avec la violence du drame qui progresse. Le cancer n’attend pas, et pourtant les mots peinent à sortir. Un texte émouvant et lumineux. C’est beau, poétique, essentiel.

Voir aussi L’Île sur le site des éditions Verdier

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