Le Kid de l’Oklahoma (Elmore Léonard, 2005)

Carlos Webster assiste à soon premier hold-up à quinze ans, et descend son premier bandit dans l’année qui suit. Devenu marshal, il tâche de forger sa légende, celle d’un tireur imbattable, rapide et précis. Face à lui, Jack Belmont poursuit la même ambition de l’autre côté de la loi, et ambitionne de détrôner John Dillinger au rang d’ennemi public numéro 1. Leur rencontre est inévitable…

kid de l oklahoma

Dans la lignée des pulp avec lesquels il a débuté, Elmore Léonard allie brillamment les archétypes du western à ceux des bandits de l’entre-deux-guerres. On a à l’esprit aussi bien les duels des s de Leone que les fusillades du Bonnie and Clyde d’Arthur Penn ou du Public Enemies de Michael Mann.

Par le personnage du journaliste Tony Antonelli, Leonard décompose d’ailleurs avec humour le processus de mythification dont ont bénéficié beaucoup de petites frappes pendant la Grande dépression, et qui ont donné lieu à bon nombre de films populaires. L’écrivaillon peaufine sans cesse ses formules, cède volontiers aux envolées lyriques et trimballe calepin et crayon jusqu’au cœur des fusillades… Les quelques extraits de sa prose pesante que nous offre Leonard sont un clin d’œil sympathique aux fameuses dix règles de l’écriture qu’il a édictées dans un article du New-York Times (ici). Pour écrire de grands romans populaires, rester simple, et « si ça sonne écrit, réécrire« …

Pour le reste, l’auteur n’hésite pas à puiser dans les personnages classiques du genre. On trouvera donc un marshall dur à cuire, Carlos Webster, qui a quelques airs de Raylan, son homologue dans Pronto et personnage principal de la série Justified. Il y aura également un braqueur barge, fils dévoyé d’un magnat du pétrole, des femmes fatales ballotées entre les désirs de fiers à bras et quelques géniaux personnages secondaires pour compléter le tableau (à l’image de cette institutrice qui décide de venger par les armes la mort de son amant). Presque sans descriptions (règle # 8), Elmore Leonard crée des personnages qui paraissent bien plus vrais que les plus tordus des méchants d’Evangelisti.

C’est sacrément savoureux. Elmore Leonard est un véritable virtuose de ce genre particulier, au croisement de plusieurs mythologies américaines. Une littérature populaire et exigeante, un pur plaisir du début à la fin. Elmore Leonard est mort à l’été 2013, après plus de 40 romans, des nouvelles, et 19 adaptations au cinéma. On attend avec impatience qu’un cinéaste se lance dans celle-ci, et tant qu’à faire un bon : pourquoi pas Tarantino, qui a déjà transformé Rum punch en Jackie Brown ?

Publicités

4 réflexions sur “Le Kid de l’Oklahoma (Elmore Léonard, 2005)

  1. Pingback: Incident à Twenty-Mile (Trevanian, 1998) | Eustache Raconte

  2. Pingback: Mr Paradise (Elmore Leonard, 2004) | Eustache Raconte

  3. Pingback: Deadwood (Pete Dexter, 1986) | Eustache Raconte

  4. Pingback: Le Vieil homme et la mer (Ernest Hemingway, 1952) | Eustache Raconte

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s