Terremer, Ursula K. Le Guin – Le Sorcier de Terremer (1968), Les Tombeaux d’Atuan (1971), L’Ultime rivage (1972)

Dans l’archipel de Terremer, constitué de centaines d’îles et ilots, les sorciers jouent un rôle prédominant et aident la population par leur magie. Cette trilogie raconte la geste de Ged, le plus puissant de ces mages.

Dans le premier roman, Ged naît à la magie et manque en périr par excès d’audace. Enivré par ses nouveaux pouvoirs, il ouvre une brèche entre son monde et les ténèbres, d’où une ombre sort pour le traquer. Le second roman raconte l’histoire de Tenar, jeune prêtresse des Innommables. Ces divinités ancestrales imposent les ténèbres à leurs serviteurs, en pompant lentement leur humanité. Mais leurs tombeaux renferment un trésor que Ged vient chercher, rencontrant Tenar. Enfin, dans le troisième récit, la magie s’étiole dans tout Terremer, les sorciers perdent leurs pouvoirs et les artisans leur savoir-faire. Devenu archimage de Terremer, il doit rétablir l’équilibre entre le monde des vivants et l’au-delà.

 terremer

Dans l’univers médiéval-fantastique parallèle de Terremer, la magie est une force à utiliser avec parcimonie dans un univers en équilibre. Elle plonge ses racines au cœur même des êtres, dans une connaissance de leurs noms anciens. Savoir doser l’usage de ce pouvoir est alors l’affaire de chaque sorcier, et l’expression de sa sagesse.

Ursula K. Le Guin construit un ensemble d’une cohérence remarquable. Plusieurs thèmes sont présents dans les trois romans. L’hubris destructrice qui phagocyte l’âme des orgueilleux, et manque perdre aussi bien Ged que Tenar, la prêtresse des Tombeaux d’Atuan. La fidélité, à ses amis ou à soi-même, est un concept central qui traverse la trilogie. Le passage à l’âge adulte sous-tend chaque récit : celui de Ged, jeune sorcier ambitieux, celui de Tenar, prêtresse-enfant offerte aux pouvoirs des ténèbres, et celui du jeune Arren, prince d’une île lointaine qui assiste Ged dans son ultime quête.

Réflexion sur la part de bien et de mal dans chaque homme, et sur notre responsabilité dans la détermination de cet équilibre, Terremer est aussi un grand cycle poétique, dans un univers marin empreint de légendes et de mythes. Il faudra sans doute plusieurs lectures pour en appréhender toute la symbolique sous-jacente. On regrette néanmoins une certaine mollesse dans l’écriture, qui amène sa dose de lassitude. Les thématiques et la finesse d’écriture ne font pas tout, Terremer manque de tension, alors qu’un tel récit d’aventure en univers fantastique en promettait bien plus. La part de réflexion convainc, l’aspect romanesque moins.

 

 

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3 réflexions sur “Terremer, Ursula K. Le Guin – Le Sorcier de Terremer (1968), Les Tombeaux d’Atuan (1971), L’Ultime rivage (1972)

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