Les naufragés du Batavia, suivi de Prosper (Simon Leys, 2003)

En 1629, le Batavia fait naufrage sur un minuscule archipel au large des côtes australiennes. Les rescapés tombent alors sous la coupe d’un ancien apothicaire fou furieux, Cornelisz. Le tyran impose la terreur avec l’aide de quelques affidés, et massacre allègrement ses compagnons d’infortune. Quand les secours arrivent, Cornelisz a fait tuer 115 personnes, et le naufrage du Batavia entre immédiatement dans la légende maritime.

naufrages du bataviaL’histoire est incroyable, mais le bouquin vaut-il le coup ? Pas franchement. On peut s’en douter avant même e l’ouvrir : 115 pages pour caser deux récits dont celui de cette aventure hors du commun, c’est un peu court. De fait, le premier texte, consacré au naufrage, a des allures de mise en bouche et de pub pour un autre ouvrage sur le même sujet, L’archipel des hérétiques. La terrifiante histoire des passagers du Batavia, de Mike Dash. Leys explique en introduction qu’il a voulu pendant des années écrire sur le drame du Batavia, mais que Dash l’a devancé. On se pose la question de l’intérêt de publier ce texte malgré tout… Le problème est posé, comment un psychopathe comme Cornelisz parvient-il à imposer ses règles à trois cents personnes, mais le développement laisse sur sa faim. Pour des histoires de Robinsons décadents, on pourra se rabattre sur Le Gouverneur d’Antipodia pour une œuvre délirante et fictive ou Pitcairn pour rester dans l’historique.

Le second texte, Prosper, est intéressant dans se description des derniers temps de la navigation commerciale à la voile (que Conrad décrivait déjà au début du XXème dans Le Miroir de la Mer !) et de la vie des marins bretons à la charnière des années 50-60. L’alcool omniprésent est particulièrement frappant : deux litres de rouge par jour et par tête en guise de ration de base ! L’aspect documentaire est sympathique. Mais là encore, peu de choses finalement. On est très loin des souvenirs de Conrad ou des moments de bravoure de Kavvadias.

Simon Leys s’est fait plaisir en publiant ces deux textes, l’un qui lui permet d’évacuer succinctement un projet qui l’a taraudé pendant des années, l’autre pour partager un souvenir. Mais il faut plus que ça pour susciter l’enthousiasme, qui ici ne dépasse pas la sympathie.

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Une réflexion sur “Les naufragés du Batavia, suivi de Prosper (Simon Leys, 2003)

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