Mr Paradise (Elmore Leonard, 2004)

Mr Paradise vit peinard. Tony Paradiso est vieux, riche, et son planton lui ramène quand il veut des stripteaseuses qui jouent les cheerleaders topless rien que pour lui. Une retraite de rêve pour cet ancien avocat. Tout ça tourne bien, jusqu’à ce soir où on le descend dans son salon avec sa favorite, Chloé. L’homme de confiance de Paradiso, Montez, était à l’étage avec Kelly, la collègue de Chloé. Il affirme à la police que toute l’affaire n’est qu’un cambriolage qui aurait mal tourné. Mais si c’est le cas, pourquoi fait-il mentir Kelly sur son identité ? Personne n’est dupe, mais il va bien falloir comprendre ce qui se cache derrière ce bobard.

mr paradise

La patte d’Elmore Leonard est là, pas de doute. Des tueurs lourdauds mais pas trop, une femme fatale moins niaise qu’il n’y parait, un flic bonhomme et un ou deux guignols qui se croient malins. Ceux-là s’organisent un crime qui s’avère mal planifié et mal exécuté, et forcément tout part en vrille. Il n’y a plus qu’à dérouler et suivre les péripéties foireuses de cette petite troupe. La recette est éprouvée et elle est d’une redoutable efficacité, avec sa brochette de personnages mi-Pulp fiction, mi-frères Coen façon Fargo.

La petite spécificité de Mr Paradise est le fait qu’il se déroule à Detroit. La ville est l’une des plus violentes des US (encore aujourd’hui, lien), on y tue évidemment pour la drogue ou par vengeance mais aussi pour rafler la caisse à moitié vide d’un McDo. Leonard ne masque pas grand-chose du racisme latent, des « c’est pas une question de race, j’ai eu un copain, à un moment, qu’était afro-américain » aux crimes qui « tournent au truc racial« . Ces références constantes sont supposées donner de la crédibilité et du réalisme à l’ensemble, elles deviennent de fait assez lassantes. Pour le reste, le style est direct et très marqué par les dialogues savoureux dont Leonard a le secret, bourrés de circonvolutions, de répétitions, de quiproquos, très « vrais » et très bien traduits ici par Danièle et Pierre Bondil. Ça parle de tout et de rien, ça s’embrouille, ça s’interrompt… Quasiment pas une page sans un de ces échanges tordus.

Ça se veut un peu cheap mais très efficace, dans la lignée des pulp dont Elmore Leonard fut l’un des maîtres (lien). Pour ma part je crois que je préfère les romans plus westerns de Leonard. S’il reste clairement au-dessus du tout-venant du genre, il n’est pas ici à son meilleur, du petit Elmore Leonard.

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