Le Sabre des Takeda (Inoue Yasushi, 1953)

Au XVIème siècle, le Japon est fragmenté en seigneuries rivales qui s’affrontent sans fin pour agrandir leurs dépendances. Les Takeda sont un de ces clans guerriers. Lorsqu’il est pris à leur service, Yamamomoto Kansuke a l’assurance d’être un grand stratège, et un rêve, prendre un château. Avec les moyens du puissant clan, il ira bien plus loin que cela et soumettra aux Takeda un large territoire.

La réalité historique de Yamamoto Kansuke est sujette à caution. Même si des documents découverts récemment semblent attester qu’il ait vécu, son histoire a tout de la légende. Nain, borgne, boiteux et repoussant, malgré cela combattant émérite et stratège de génie ; dévoué et sujet à des prémonitions inexpliquées, le personnage ne peut que nourrir les récits populaires. Son histoire est avant tout celle du dévouement total d’un homme à un rêve pour lequel tous les moyens semblent bons. Si son ambition n’est jamais exprimée, Kansuke fantasme un Japon uni sous la bannière des Takeda. Son dévouement à son maître est sans borne, mais il est prêt à égorger sa concubine pour que Shingen Takeda se concentre sur ses campagnes militaires…

Ces campagnes occupent la majeure partie du récit, avec des descriptions inégales et finalement pas toujours très bien ficelées de batailles décisives. On découvre aussi les mœurs japonaises au XVIème, notamment en ce qui touche aux affaires familiales et de succession, où les pratiques sont assez proches de ce qui se faisait chez nous : une officielle cohabite avec des concubines plus ou moins déclarées, et les enfants servent de monnaie d’échange au fil de mariages diplomatiques. Seules les concubines sont explorées, les autres personnages sont à peine ébauchés.

L’ensemble se lit agréablement mais ne m’a jamais vraiment enthousiasmé. Plutôt que le côté « fresque historique » que j’attendais, mieux vaut retenir la figure romanesque de Kansuke, personnage tout entier dévoué à son art de la stratégie, qu’il met au service d’un but qui le dépasse et qu’il ne peut partager avec personne. Une nouvelle figure d’homme d’État habile, rusé et désintéressé, comme les légendes les affectionnent…

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