Clipperton (Jean-Louis Etienne, 2005)

clippertonDe décembre 2004 à avril 2005, Jean-Louis Etienne, fameux explorateur des Pôles, s’installe à Clipperton. Sur cet atoll français, étrangeté géographique posée à 1300 kilomètres des côtes mexicaines, il s’entoure de scientifiques de tous domaines pour recenser les espèces qui peuplent l’île. Une expédition naturaliste dans la grande tradition de Lapérouse et Bougainville, dont il livre ici les détails et l’envers du décor.

Car bien peu de gens soupçonnent la débauche d’énergie derrière les belles images de ces paradis perdus. Trouver des sponsors (ici, GDF et Unilever), identifier les chercheurs pertinents, les contacter, planifier le matériel nécessaire pour chacun, l’acheminer, gérer les arrivées et départs des uns et des autres sur l’atoll, définir les objectifs scientifiques… Jean-Louis Etienne les dessous de l’organisation de ce projet à la logistique particulière. En effet, pas d’eau sur Clipperton, et pas assez d’arbre pour construire les abris : il faut tout importer, sur un voilier mis à sa disposition. Au moment de partir, le matériel scientifique a été bloqué par les douanes, à l’arrivée face à l’atoll, impossible de trouver une passe pour accoster… Autant d’imprévus que l’équipe doit gérer dans l’instant, et que les documentaires laissent bien souvent de côté.

Clipperton – source wikipedia

Et puis il y  a donc Clipperton, cet atoll perdu, français presque par hasard malgré les multiples revendications qui se sont succédées (qui ont notamment été à la source de l’incroyable histoire des « oubliés de Clipperton« ). Dernier point d’accroche après la Polynésie pour les espèces venues d’Asie, Clipperton n’affiche pas une biodiversité très riche par rapport aux îles d’Océanie mais possède quelques espèces endémiques et une impressionnante colonie de fous masqués. L’ouvrage est clairement destiné aux profanes, aussi nulle part on n’entrera dans les détails biologiques, il s’agit plutôt de partager enthousiasme et l’émerveillement d’un éternel aventurier.

Les amateurs de Thalassa ou les fidèles des récents reportages du journal Le Monde sur l’expédition Mitaraka en Guyane apprécieront, pour les autres cet ouvrage restera anecdotique. Il est néanmoins la preuve qu’en dehors des revendications aléatoires des candidats de téléréalité qui ont tous « vécu une belle aventure« , il reste des gens qui font vivre un vrai esprit d’aventure, avec des risques certes moindres que par le passé, mais de l’entrain et de l’énergie à revendre pour des projets incertains qui élargissent chaque fois un peu plus les limites des connaissances humaines.

Le site de l’expédition : http://www.jeanlouisetienne.com/clipperton

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