[Digression musicale] Toure-Raichel Collective et Vincent Segal & Ballake Sissoko

En commençant ce blog, j’avais voulu ne parler que de bouquins. Mais parfois, il y a des choses qu’on ne résiste pas à l’envie de partager…

La semaine dernière, Jazz à la Villette proposait coup sur coup deux magnifiques expériences de rencontre musicale.

D’abord le Toure-Raichel Collective. Iden Raichel, pianiste star en Israël, plusieurs fois disque de platine. Vieux Farka Toure, fils d’Ali, « parrain » du blues malien. Raichel et Toure racontent la rencontre, au hasard d’un aéroport. Raichel qui fait attendre son groupe, va voir Toure et lui dit qu’il veut jouer du piano pour lui. Toure qui accepte dubitativement. « Nous, les musiciens, on est toujours comme ça. On dit « il faut faire un truc ensemble, on doit faire un truc ensemble ». On fait jamais rien ! » Quelques temps plus tard Raichel débarque en Espagne pour rejoindre le groupe de Vieux Farka Toure en tournée. Quand il y a l’envie… [edit : ils le racontent en vidéo ici]

Au Cabaret Sauvage, il y a piano, guitare, calabash (percussion) et basse, deux invités au ngoni (sorte de petite guitare) et au sax. Les styles se complètent à merveille, la densité du piano de Raichel assied parfaitement les entrelacs d’arpèges de Touré et la complicité entre les deux est évidente. Le concert termine sur une reprise de Diaraby, une version épurée piano et voix, un moment intense d’émotion. Un indispensable pour tous les amateurs de fusion musicale, de rencontre et de nouveaux horizons.

La même semaine, autre ambiance avec Vincent Segal et Ballaké Sissoko. Vincent Segal, arrangeur et violoncelliste de studio (-M-, Bashung, Cesaria Evora, Mayra Andrade…) et moitié de Bumcello, et Ballaké Sissoko, grand de la kora, adoubé par Toumani Diabate dès 1999.

Segal pousse son instrument dans ses retranchements, Sissoko est impérial. La kora est cristalline, le violoncelle tantôt caressant, tantôt franchement percussif. Les classiques mandingues alternent avec les compositions « brasiliantes », c’est magnifique.

Il n’est pas rare qu’un musicien aille chercher ici ou là de quoi donner une « touche » à ses morceaux. On est ici bien au-delà, dans la création d’un langage commun et mixte. C’est toujours pour moi dans ces rencontres que la musique est la plus belle, dans ces rencontres aussi que sans nul doute, face à certains discours, elle adoucit le mieux les mœurs.

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Une réflexion sur “[Digression musicale] Toure-Raichel Collective et Vincent Segal & Ballake Sissoko

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