Ils vivent la nuit (Dennis Lehane, 2012)

ils vivent la nuitClassique histoire de gangsters sur fond de Prohibition, sans grande envergure

En pleine Prohibition, la petite frappe Joe Coughlin se fait pincer et envoyer en tôle. Fils de flic, il n’a d’autre solution que d’accepter la protection de Maso Pescatore, parrain de la mafia bostonienne. A sa sortie, il est envoyé gérer les affaires de Pescatore en Floride. Le business y est florissant : Cuba est proche, et c’est de là que partent les cargaisons de rhum qui abreuvent la côte Est. Mais dans ce métier, les choses changent vite, et l’empire Coughlin peut s’écrouler à tout moment.

La trame est on ne peut plus classique. Dans cet univers connu, un malfrat gentillet, qui persiste longtemps à vouloir se définir comme « hors-la-loi » plutôt que comme gangster. Ce bandit sentimental, limite Robin des Bois, n’est pas crédible pour un sou. On a déjà vu des gangsters qui doutent, et la comparaison avec le Nucky Thompson de Boardwalk Empire vient forcément à l’esprit : elle n’est pas flatteuse pour le personnage de Lehane. Par ailleurs, ce gangster au cœur tendre affiche une durée de vie assez impressionnante vu le contexte de l’époque… Les états d’âme superficiels de ce truand guimauve sont noyés dans des dialogues émaillés de banalités et des métaphores usées jusqu’à la corde.

Grosse déception donc pour cette première lecture de l’auteur de Shutter Island, Mystic River et Gone Baby Gone. On ne peut pas réussir à tous les coups… Lehane a peut-être voulu se faire plaisir avec ce roman historique, dans la grande époque de la Prohibition. Hélas, un contexte ne suffit pas, surtout quand il a déjà été aussi largement exploité. Comme cela a déjà été souligné sur le blogdesbouquins ou encoredunoir, dans la masse de romans, nouvelles et films traitant la même histoire, ce polar est assez insignifiant. Ce qui ne veut pas dire que Ben Affleck, qui a racheté les droits cinématographiques, ne parviendra pas à en faire un excellent film de gangsters… On va donc oublier et passer aux classiques de Lehane, la série des Kenzie et Genaro par exemple, en attendant l’adaptation.

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Une réflexion sur “Ils vivent la nuit (Dennis Lehane, 2012)

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