Lectures 2015 : bilan

Arrivés à la mi-décembre, voici le temps venu de faire le bilan des lectures de l’année. Sur la grosse cinquantaine d’ouvrages chroniqués ici, quels sont ceux qbateau usine - yagoui ont marqué la mémoire ? Il y en a beaucoup, et c’est plutôt bon signe. Retenons-en cinq pour l’exercice, et pour nourrir vos achats de Noël de dernière minute.

Il y a tout d’abord ce premier coup de cœur de l’année pour Les Enfants du Pirée, de Kostas Moursélas, chez Cambourakis. Un groupe d’amis dans la Grèce des Colonels, leur jeunesse dans le sillage de Louïs, l’électron libre, le Zorba de l’après-guerre. Puis vient l’âge de raison. Il y a ceux qui restent fidèles à eux-mêmes mais gardent leurs chaussures trouées, et il y a la quarantaine bedonnante des autres pour qui certaines amitiés deviennent gênantes ou leur rappellent ce qu’ils ont renié.

On retiendra aussi Le bateau-usine, de Takiji Kobayashi, chez Yago ou Allia. Sûr qu’on s’en rappelle de cette épave lancée à la pêche aux crabes ! Avec ces ouvriers entassés à fond de cale, humiliés, poussés à bout par un contremaître inhumain, jusqu’à une grève qui finira mal. Court, dense, coup de poing.

Forcément, on garde en mémoire la rencontre avec la prose de l’immense Jacques Abeille, avec son chef d’oeuvre Les Jardins statuaires, chez Attila (également en poche chez Gallimard). Ces landes parsemées de domaines clos, où les jardiniers font pousser les statues en lieu et place des massifs. Cette langue merveilleuse, à dégoûter à jamais de toucher une plume. On admire à la fois la grande douceur de l’écriture d’Abeille, la beauté de cet univers, et la violence qui l’habite.

Pour continuer dans ces univers parallèles, que dire de Christopher Priest et de son Monde inverti ? En moins de quatre cent pages, une construction socio-politique étonnante en monde clos, d’une densité remarqujardins statuairesable. Sans oublier ce jeu constant entre perceptions et réalité, caractéristique de l’auteur. Ce que la science-fiction peut offrir de meilleur.

Dans un tout autre style cette année fût aussi celle de Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski, chez Les Moutons électriques puis FolioSF. De multiples intrigues, dans un univers inspiré des cités-États italiennes de la Renaissance où la magie prend tout sa place dans les stratégies des puissants.

On aurait pu parler de J. G. Ballard, ou de Boubacar Boris Diop, mais le compte y est déjà… A relire cette liste, on se dit aussi d’ailleurs que l’année prochaine, on essayera de moins suivre l’exemple des jurés de nos chers prix littéraires, ou les rédacteurs des programmes scolaires, et de s’intéresser davantage aux ouvrages écrits par des femmes.

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