Trois mille chevaux vapeur (Antonin Varenne, 2014)

trois mille chevaux vapeurDes Indes au Wyoming, Antonin Varenne nous fait traverser la planète pour un grand retour du roman d’aventures

1852. L’Inde ne suffit plus : la Compagnie des Indes orientales veut mettre la main sur la Birmanie, aussi envoie-t-elle une flotte pour prendre possession des côtes. Avant même le début des combats, le sergent Bowman est capturé par les Birmans avec ses hommes au cours d’une mission secrète. Tous sont horriblement torturés pendant des mois, et seuls dix survivent et rentrent en Angleterre. Quelques années plus tard, devenu policier au port de Londres, Bowman trouve un cadavre portant les stigmates du traitement qu’il a subi avec ses hommes en Asie. Pour lui, pas de doute : l’un des dix survivants est à l’origine du meurtre. Il se lance alors à la recherche de ses anciens compagnons, mais son enquête ne donne rien. Pourtant, alors qu’il a abandonné ses recherches depuis des mois, une coupure de journal le replonge dans le passé : une affaire similaire a eu lieu aux États-Unis. Voilà Bowman lancé à nouveau sur les traces du meurtrier, à travers les plaines américaines…

Le contexte historique choisi par Antonin Varenne est passionnant, avec le remplacement de l’empire britannique par son rejeton américain : la Compagnie des Indes vit ses dernières années, alors que les États-Unis vivent la grande aventure pionnière et n’ont pas encore sombré dans la guerre de Sécession. Dans ce monde bouillonnant, Varenne amène tout ce qu’il faut pour un excellent roman d’aventures populaire. Il y a d’abord le personnage de Bowman, bourru et hanté par les démons de sa captivité birmane. On déteste d’abord ce vétéran violent et alcoolique, mais sa quête le ramène peu à peu à l’humanité. Ce retour à la vie, classique dans les fictions mettant en scène des vétérans, est mené progressivement Il y a ces multiples personnages secondaires, l’Indien métisse qui accompagne Bowman, la femme de tête dont il tombe amoureux, le prêcheur avec qui il a combattu en Birmanie. Si certains personnages frôlent hardiment le cliché, on ne boude pas son plaisir pour autant.

Avec une grande quête, du rythme, des péripéties à la pelle, on pense bien vite à Stevenson, à son Maître de Ballantrae parti lui aussi outre-Atlantique par exemple. On convoque Jules Verne bien sûr, ou on songe à la veine fantasy du roman d’aventures, du côté d’un Pierre Pevel, et on retrouve un plaisir de gamin à se plonger dans cette poursuite effrénée au pays du western. Alors que la bande dessinée française regorge de ce type d’aventures, on est heureux que nos romanciers s’y remettent aussi.

Encore du noir en parle ici, et Pierre Faverolle sur Black Novel ici

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2 réflexions sur “Trois mille chevaux vapeur (Antonin Varenne, 2014)

  1. Pingback: Le Talon de fer (Jack London, 1908) | Eustache Raconte

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