Le Dernier Roi de Brighton (Peter Guttridge, 2011)

dernier roi de brightonGangsters d’hier et d’aujourd’hui à Brighton : des clans familiaux aux mafias slaves

Les mafias balkaniques débarquent en Angleterre, et avec elles les méthodes raffinées au cours d’années de conflit. Leur premier coup d’éclat : l’empalement du comptable des clans de Brighton. L’ex-chef de la police, Bob Watts, et son ami l’ancien commandao Jimmy Tingley, reconnaissent immédiatement la patte d’une vieille connaissance : Vlad l’empaleur, ou Miladin Radislav, chef paramilitaire serbe, expert ès empalement de bosniaques. Pour contrer les nouveaux venus, et mettre la main sur Radislav, Watts et Tingley vont devoir faire alliance avec le parrain du milieu de Brighton, John Hattaway, que les Serbes semblent avoir pris pour cible.

En miroir du Hattaway menacé par les Serbes, Peter Guttridge choisit de retracer l’ascension du caïd. Dans les années 60, Hattaway joue de la guitare dans les pubs, croise John Martyn et Duane Eddy, vit les affrontements entre rockers et mods et se fait offrir le petit livre rouge par sa petite amie qui ne rêve que d’Inde. Voilà pour la face respectable. En parallèle, Hattaway est initié au business par son père, qui gère racket, prostitution et trafic de drogue. Tout ça fait un peu Scorsese, les affaires de famille et la vie privée se heurtant forcément à une activité « professionnelle » qu’on ne parvient jamais à vraiment garder à l’écart. Dans cette première partie, Guttridge se fait surtout plaisir dans la description d’un Brighton en partie fantasmé, avec son sex, drugs & rock’n’roll et ses mafieux quasiment gentillets, avec leur code d’honneur qui éviterait au maximum toute violence contre les « civils ».

Rien à voir évidemment avec ces barbares de Serbes qui écorchent pour le plaisir… Pour bien marquer le coup, la scène d’ouverture, l’empalement travaillé du comptable, est d’un gore parfaitement inutile. La recette a fait ses preuves, des policiers et des mafieux à l’ancienne démunis face à la violence débridée de tueurs venus d’ailleurs, c’est ce que proposait Izzo avec les mafiosi italiens à Marseille ou plus récemment DOA et les Colombiens dans le Sud-Ouest.

Difficile de dire dans quelle mesure l’ambiance balnéaire et ensoleillée qui a accompagné cette lecture a influencé le sentiment procuré. Pas toujours crédible (la révélation finale qui vient éclairer la chasse menée contre Hattaway est complètement aberrante) mais très efficace, plutôt plaisant dans sa plongée dans les sixties, Le Dernier Roi de Brighton est un bon page turner : une ambiance sympathique, quelques personnages sans trop d’ambigüité, un suspense plutôt bien géré malgré quelques voltes scénaristiques dispensables et une écriture qui fait la part belle aux dialogues. En vacances, ça passe tout seul, comme une glace à l’eau ou une redif de Sergio Leone.

Ce deuxième tome ne nous fait pas progresser beaucoup sur l’enquête « fil rouge » de la trilogie, celle qui concerne le meurtre à la malle de Brighton. Guttridge y mêle une confuse affaire de braquage de train postal, qu’il ne résout pas totalement, et qui viendra donc alimenter le troisième tome.

Publicités

Une réflexion sur “Le Dernier Roi de Brighton (Peter Guttridge, 2011)

  1. Pingback: Abandonnés de Dieu (Peter Guttridge, 2014) | Eustache Raconte

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s