Cette petite île s’appelle Mozambique (Jordane Bertrand, 2016)

cette petite ile s'appelle mozambiqueRencontres et amitiés dans l’ancien carrefour commercial, culturel et religieux, du canal de Mozambique

Mozambique est une île au Nord-Est du pays du même nom. Elle en a même longtemps été la capitale, avant que Lourenço do Marques, la future Maputo, ne la détrône en 1898.La journaliste Jordane Bertrand a passé quatre années au Mozambique, au cours desquelles elle a visité plusieurs fois l’île de Mozambique. Son récit présente, au fil de rencontres, les différentes facettes de ce comptoir qui a vu se succéder les Arabes, les Portugais, les Indiens. Chaque chapitre s’organise autour d’une rencontre. Il y a l’ancien médecin français, venu ouvrir une pension sur l’île, qui ne parle que de départ et reste pourtant. Il y a Hafiz, le cheikh d’une des confréries soufies de l’île, un des éléments de la vie politico-religieuse éminemment complexe de cette société insulaire. Hafiz qui se revendique d’un islam africain, local, qui fait face aujourd’hui aux mosquées salafistes financées par les Etats du Golfe… Il y a Lucio Carrière, petit-fils du dernier consul de France à Mozambique. Les pêcheurs, qui ne sont pas sans rappeler ceux qu’Eugène Dabit décrit à Minorque, partis en pleine nuit pour dix heures éprouvantes.

File:Mozambique Island Bridge.jpg

Le pont de 3,8 km qui relie l’île au continent (Wikipedia)

A travers ces rencontres se dessine une richesse culturelle immense, fruit de siècles de rencontres et de métissages. Malgré l’histoire récente du Mozambique, et notamment les quinze années de guerre civile de 1977 à 1992, période qui ne semble pas vraiment effacée, Mozambique semble relativement épargnée. La tolérance religieuse fait toujours loi dans cette île où le gardien du temple hindou est musulman et où Padre Lopes et Cheikh Amur assistent à leurs offices réciproques.

File:Church of San Antonio.png

Eglise Santo Antonio (Wikipedia)

Jordane Bertrand nous offre une invitation au voyage, à la flânerie, au dialogue. C’est un vrai coup de coeur pour ce récit d’une grande douceur, duquel émane un parfum de nostalgie, le temps semblant s’être arrêté à Mozambique depuis que plus rien ne s’y décide et que l’île vit sur les restes de sa gloire passée. On a une pensée pour à Jean-Christophe Rufin et Asmara et les causes perdues, qui évoquait par moments des sentiments proches.

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