L’honorable société (Dominique Manotti & DOA, 2011)

honorable societePolitique, gros sous et barbouzeries par deux maîtres de ce cocktail

Le chef de la sécurité du CEA, Soubise, meurt lors de ce qui ressemble à un cambriolage qui a mal tourné. Seulement, ailleurs dans Paris, les trois activistes écolos qui avaient piraté son ordinateur ont tout vu, par sa webcam. Et la seule chose que les voleurs aient pris, c’est justement ce portable, qu’ils s’empressent de transmettre à un hacker. Quand le commandant Pâris apprend que Soubise n’a rien du haut fonctionnaire standard, mais qu’il vient de l’espionnage, il commence à soupçonner que tout cela va bien plus loin qu’un simple vol, et qu’en pleine campagne électorale le CEA attire peut-être l’attention de gens à la fois puissants et mal intentionnés. Mais où qu’il veuille aller, ses supérieurs le poussent à chercher un complot écologiste…

Dans ce premier roman en commun, DOA et Manotti ne se privent pas de nous montrer l’autre côté du rideau, derrière les écueils des apparents « faits divers tragiques », ce rideau derrière lequel les avatars (très évidents) de Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues et Vincent Bolloré (léger doute sur ce dernier, peut-être Lagardère ?) se répartissent le nucléaire français. Car c’est bel et bien le CEA qui possède la majorité du capital d’AREVA, sur laquelle le groupe de construction PRG veut mettre la main, quitte à laisser tomber son activité dans les médias. Les politiques fournissent les barbouzes et récoltent les publi-reportages et les dessous de table. Comme ailleurs chez Manotti et DOA, d’innocents péquins se trouvent mêlés à des affaires qui les dépassent. Dans le cas présent, le père d’une des écolos, critique gastronomique dans le Périgord, se voit ramené des années en arrière, alors qu’il était encore journaliste d’investigation. Et les pauvres défenseurs de la couche d’ozone en seront aussi pour leurs frais, car les barbouzes ne retiennent pas toujours leurs coups…

Très bien ficelé, L’honorable société se « crédibilise » en se raccrochant constamment à des personnages réels qu’on a peu de plaisir mais beaucoup de fascination à retrouver dans leurs magouilles. Il se place dans la veine de ce que les deux auteurs ont pu proposer par ailleurs, plus ramassé que certaines livraisons de DOA (Citoyens clandestins ou le récent Pukhtu Primo), et de la tenue de Bien connu des services de police ou L’Evasion de Manotti. On est dans le tout meilleur du polar français.

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2 réflexions sur “L’honorable société (Dominique Manotti & DOA, 2011)

  1. Pingback: Nos fantastiques années fric (Dominique Manotti, 2001) | Eustache Raconte

  2. Pingback: A nos chevaux ! (Dominique Manotti, 1997) | Eustache Raconte

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