Née contente à Oraibi (Bérangère Cournut, 2017)

couverture du livre Née contente à Oraibi Récit initiatique en contrée hopi

/ à paraître le 5 janvier 2017 /

Deuxième lecture dans le cadre du Grand Trip des éditions Le Tripode, après l’excellent Anguille sous roche d’Ali Zamir. C’est une expérience toute différente qui nous est offerte avec la prose limpide et paisible de Bérengère Cournut, à mille lieues du torrent impétueux d’Ali Zamir. Bérengère Cournut nous emmène dans la réserve des Indiens Hopis, dans l’Arizona. Répartis en quatre villages construits sur des mesas proches les unes des autres, les Hopis n’ont jamais été nombreux : quelques milliers tout au plus. L’environnement très rude des zones arides de l’Arizona où ils vivent réduit les possibilités de culture. Ces conditions difficiles ont amené à la création de structures sociales complexes qui permettent l’entraide et la solidarité, tout en favorisant les échanges entre clans et villages.

Ancien village hopi de Wolpi

Sans aucune indication temporelle (l’apparition d’une bouteille d’alcool indique néanmoins que les colons sont déjà arrivés en Amérique), nous plongeons dans un univers d’apparence immuable : des croyances ancestrales, des structures sociales complexes perpétuées depuis des générations, des techniques qui se transmettent patiemment. Nous y suivons une jeune enfant, de sa naissance à son adolescence. Si colère et jalousie existent comme partout, le monde que nous découvrons à travers les yeux de Tayatitaawa (Celle-qui-salue-le-Soleil-en-riant) procure émerveillement et sérénité. Profondément imprégnée de spiritualité, la vie des Hopis est rythmée par les cérémonies religieuses et guidée par le respect de la voie hopi.

File:Hopi women building a house in Oraibi (CHS-1023).jpg

A Oraibi, autour de 1904

Lu peu après le très beau polar Là où dansent les morts de Tony Hillermann, qui se déroule chez les Zuñis, tribu distincte mais aux coutumes proches, on retrouve ici l’intensité spirituelle des Indiens pueblos. Là où il aurait été facile de tomber dans le pittoresque ou l’encyclopédique, Bérengère Cournut propose un roman sensible, poétique et lumineux, aussi bien qu’érudit. Il y a quelque chose d’universel et d’incroyablement doux dans ce récit, dont les personnages n’ont pourtant pas la vie facile. Mais l’amour familial et l’entraide y semblent si naturels (en dépit des épisodiques accusations de sorcellerie…) que le lecteur, en fermant ce roman, porte sur le monde un regard apaisé.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s