Inversions (Iain M. Banks, 1998)

inversionsLe Cycle de la Culture, sans la Culture

Commencer ma lecture du Cycle de la Culture par le milieu, et en particulier par Inversions, n’était sans doute pas une bonne idée. La Culture est une civilisation interstellaire, fondée sur des principes ultra-égalitaires, qui s’étend progressivement en rencontrant des civilisations ayant suivi d’autres chemins. Seulement Inversions est (paraît-il) le seul roman du cycle duquel la Culture est totalement absente, du moins explicitement. Il s’agirait donc de lire entre les lignes, et de rattacher les événements à ce que le lecteur sait de cette fameuse Culture jamais mentionnée, chose qu’en l’espèce j’étais bien incapable de faire.

Dans ce volume, Banks nous emmène sur une planète médiévale en plein bouleversement. On y suit deux personnages, dont les trajectoires ne se croisent jamais, même si leurs souvenirs laissent entrevoir un passé commun, depuis longtemps révolu. Dewar, un guerrier, garde du corps d’UrLeyn, Premier Protecteur de Tassassen. UrLeyn a renversé l’Empereur de Tassassen, et est depuis en conflit régulier sur ses frontières. Dewar veille à sa sécurité, régulièrement mise à mal par les tentatives d’assassinat. Vossill est médecin du roi Quience d’Haspidus. Quience perpétue la tradition monarchique de ses terres, cultivant son hypocondrie à laquelle Vossill remédie tant bien que mal. Vossill et Dewar n’ont en commun que leur origine lointaine, dans un pays aussi fantasmé qu’inconnu. Ces passés mystérieux, conjugués à leur talent sans égal dans leur pratique professionnalle, ne manquent pas de dresser contre eux les cours de leurs souverains respectifs.

Il ne fait probablement aucun doute que Vossill et Dewar viennent de la Culture, dans une configuration similaire à celle de Il est difficile d’être un dieu des frères Strougatski : des représentants d’une civilisation avancée, dans un monde qui l’est moins mais avance vers la Modernité. Néanmoins, sans avoir lu les premiers tomes du cycle, impossible d’apprécier les allusions à cette civilisation. La lecture n’est pas désagréable, Banks tissant deux intrigues en miroir, qui jouent sur les convictions supposées de deux personnages aux métiers en principe opposés, le guerrier et le guérisseur. On conseillera pourtant à tout lecteur tenté de se plonger au préalable dans les tomes précédents…

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