Magie et Cristal – La Tour sombre 4 (Stephen King, 1997)

Afficher l'image d'origineMême obstiné, tout lecteur a ses limites

On avait laissé le pistolero et ses quatre side-kicks quittant la ville de Lud à bord d’un train schizophrène friand de devinettes. Leur véhicule leur annonce maintenant qu’il a décidé de se suicider en se jetant à toute vitesse dans sa gare d’arrivée, emportant avec lui ses infortunés passagers. Roland parvient à négocier : si le ka-tet parvient à coller Blaine aux devinettes, il aura la vie sauve. Comme on s’en doute, les aventuriers s’en sortent. Après toutes ces émotions, il est temps pour une bonne pause, durant laquelle Roland pourra leur raconter son histoire, et remonter aux sources de sa quête de la tour sombre. Pour cela, il faut se transporter juste après son initiation de pistolero, quand son père l’envoie avec ses deux amis Alain et Cuthbert dans une province éloignée pour le protéger des troubles qui se préparent. A Meijis, Roland trouve l’amour, mais aussi et surtout les ennuis.

Et pour le lecteur, c’est à ce moment que tout part vraiment en cacahuète. Alors que j’avais accepté sans trop rechigner le train suicidaire et accro aux devinettes, avatar d’un livre pour enfants ; les homards tueurs et les goules nymphomanes (éléments pourtant franchement douteux), avec ce récit de la jeunesse de Roland on atteint le grand n’importe quoi. Dans cette histoire périphérique, King se perd dans des descriptions sans intérêt, rajoute des scènes d’une infinie platitude, multiplie les vignettes où la belle du pistolero se coiffe où se morfond, où les grands méchants taillent une bavette, où la sorcière du bled contemple sa boule de cristal en oubliant jusqu’à ses besoins les plus primaires. Les tomes précédents comportaient déjà leurs passages à vides, qui venaient faire le poids sans rien apporter. On atteint ici des sommets, avec ces 400 pages centrales, dont l’intrigue tiendrait facilement en la moitié tout en laissant encore de quoi tailler.

C’est donc ici que je m’arrête, en me demandant si l’auteur a un plan directeur pour ce cycle (comme il le laisse pourtant entendre dans ses pré- et postfaces), ou s’il se laisse porter par une histoire qu’il semble tenté de laisser rebondir à droite et à gauche sans qu’elle progresse pour autant. On en rajoute de tous les côtés, des personnages annexes, des monstres improbables et kitsch, des questions sans réponse, c’est surchargé et malhabile… King peut se raconter des histoires dans ses préfaces, il y a là quelque chose d’incompréhensible.

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