Nos fantastiques années fric (Dominique Manotti, 2001)

nos-fantastiques-annees-fricTrafics louches pendant les années Mitterrand, Dominique Manotti au sommet

Un cadavre de call-girl sur le parking du Zénith. Un avion chargé d’armes qui explose en Turquie, à des lieues de son plan de vol. Deux affaires qui n’ont en apparence rien à voir, mais c’est parfois par des chemins détournés qu’on touche le jackpot.

Comme des années plus tard dans L’Honorable société, Dominique Manotti nous plonge dans la zone trouble où se retrouvent industriels, grands flics, politiciens douteux et espions en tous genres. Au centre du cercle : François Bornand, l’homme de Mitterrand, à l’origine de la reprise en main des différents services secrets et de police, et fondateur de la cellule de l’Elysée, ce groupe de policiers aux ordres de la présidence. Ancien vichyste, milicien reconverti résistant, trafiquant d’armes avec l’Iran, il préfigure les affairistes des errances pakistanaises de Balladur et des années lybiennes de Sarkozy. Tout à son plaisir, Bornand profite, jouit, passe ses soirées dans les bordels de luxe, grand prince et intouchable.

C’est sans compter sur la ténacité de certains, et notamment d’une petite flic de rien du tout, tout juste sortie de sa cité, Noria Ghozali, qu’on retrouvera plus tard dans Bien connu des services de police. L’exceptionnelle ténacité de Ghozali, fruit d’une vie autrement bien vide depuis sa fuite du foyer familial, fait contrepoids à la floppée de femmes opprimées que Bornand et ses acolytes maltraitent.

Dans ce récit maîtrisé de bout en bout, le lecteur sait tout pendant que les personnages rament. Sur ce mode, classique chez Manotti, les deux personnages opposés, Bornand, hubris et décomplexion, et Ghozali, ténacité et revanche à prendre sur la vie, évoluent dans une foule de seconds rôles, journalistes foireux, escrocs minables, barbouzes et entrepreneurs véreux. Du grand art !

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Une réflexion sur “Nos fantastiques années fric (Dominique Manotti, 2001)

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