Le rivage oublié (Kim Stanley Robinson, 1984)

rivage-oublieL’Amérique après les bombes

A la fin du XXème siècle, des centaines de bombes atomiques, introduites en secret dans le pays, ont dévasté les États Unis. Depuis, ce qui reste de la population vit sous embargo, voire pire : depuis l’océan et l’espace, les puissances étrangères font tout pour empêcher l’émergence d’un réseau de transport et de communication national.

Dans la vallée d’Onofre, en Californie, une petite communauté vit difficilement de chasse, de pêche, et de quelques cultures. Parmi eux, seul un vieil homme a connu le monde avant la catastrophe, et il n’a pas l’air convaincu qu’il faille le regretter. Mais quand deux hommes arrivent dans la vallée et prétendent représenter la Résistance américaine, les têtes des plus jeunes se mettent à tourner. Et si l’aventure était là ? Le débat oppose les tenants d’une résistance active, d’une grandeur retrouvée de l’Amérique, à ceux qui prônent un isolationnisme modeste et ne voient dans les velléités belliqueuses des autres qu’un risque inconsidéré. Pour mieux se rendre compte, la vallée envoie deux émissaires à San Diego rencontrer la Résistance.

Ce roman est le premier de Kim Stanley Robinson, puisque Les Menhirs de glace était un fixup, un regroupement de nouvelles précédemment publiées indépendamment les unes des autres. Il est le premier de la Trilogie d’Orange county, dans laquelle Robinson donne trois visions différentes du futur de cette région. Suivront La Côte dorée en 1988 (chroniqué ici par charybde2) et Pacific Edge en 1992 (non traduit en français à ce jour). rivage-oublie-2

Comme à son habitude, Robinson prolonge et reconstruit les relations sociales dans une situation inédite à partir d’un point de rupture particulier mais tout à fait crédible étant données les tendances à l’oeuvre. Il invoque alors toute la puissance de la fiction—avec ou sans science. On note quelques défauts de jeunesse ( des longueurs, quelques passages convenus ou dispensables), et l’intrigue est un peu faible, mais le roman est prometteur dans sa façon de relier le général au particulier, le personnel au politique. Cette démarche, qui se déploiera pleinement dans la Trilogie martienne, est déjà bien perceptible.

Ailleurs sur le web, la chronique de Richard Comballot lors de la sortie française en 1987 est sur noosfere, ici

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