La Cité des jarres (Arnaldur Indridason, 2000)

Quand on découvre chez lui le corps du vieux Hollberg, le crâne défoncé avec un cendrier, tout porte à croire qu’on a là l’oeuvre d’un junkie en manque. Mais il y a cette note, près du cadavre, qui n’a rien à faire là, et qui pourrait confirmer l’acte d’un déséquilibré, ou attester que le meurtrier connaissait sa victime. En fouillant dans le passé du macchabé, le commissaire Erlendur découvre un homme violent, violeur récidiviste. Querelle de voyoux, vengeance, ou hasard ? Patiemment, Erlendur suit les indices.

C’est avec ce roman que la France découvrait Erlendur (dont les deux premières enquêtes ne sont pas encore traduites). Le commissaire n’est pas un gai luron, mais on n’en saura pas plus pour l’instant sur ce qui l’a amené à vivre seul, après avoir délaissé complètement ses deux enfants suite à son divorce. Erlendur semble n’avoir pas de vie en-dehors de son job, et passe ses soirées cloîtré chez lui, entre une barquette micro-ondes et des récits de disparitions dans les glaciers islandais.

C’est pourtant un enquêteur obstiné, prêt à aller loin pour atteindre une vérité qui empeste de plus en plus à mesure qu’on s’en approche. La société islandaise, petite et renfermée sur son île inhospitalière, est sondée jusque dans ses sombres recoins. Dans cette enquête, il sera confronté aux aspects les moins reluisants du monde médical et à la faillite de la justice et de la société islandaises face aux violeurs. Des thèmes qu’Arnaldur amène naturellement en tirant le fil qui relie le cadavre à son meurtrier, fil que tendent quelques personnages émouvants, face auxquels Erlendur ne pourra trop souvent que constater les dégâts.

On regrettera simplement le suspense largement artificiel que l’auteur maintient au début du roman autour du contenu de la note trouvée sur le cadavre. Cette coquetterie témoigne probablement d’une angoisse de l’auteur quant à sa capacité à accrocher le lecteur, mais l’éditeur aurait pu rassurer son auteur sur ce point… En-dehors de ce bémol, la rencontre avec Erlendur ouvre de belles perspectives.

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