Opération Napoléon (Arnaldur Indridason, 1999)

1945, un bombardier allemand s’écrase sur un glacier islandais. A son bord, des officiers nazis et… américains. Le glacier avale la carcasse de l’avion et les corps des passagers. Pendant le demi-siècle qui suit, l’armée américaine, bien implantée en Islande, lance plusieurs expéditions pour retrouver l’avion, en vain. Mais en 1999, le glacier a suffisamment fondu pour que l’épave refasse surface. Cependant, pas question d’ébruiter l’affaire : les Américains veulent opérer en secret. Ils envoient alors une équipe de la Delta Force. Mais comme il se doit, rien ne se passe comme prévu : les commandos tombent sur deux randonneurs, et l’un d’eux a le temps d’appeler sa sœur à Reykjavík avant qu’on le fasse taire. Avant même qu’elle ait eu le temps de comprendre ce que son frère lui dit, Kristin voit deux gorilles mal intentionnés se présenter à sa porte. La chasse a commencé.

L’Islande n’a pas de force armée. Elle dépend des États-Unis pour se défense, et dans ce cadre elle accueillait depuis 1951 une base américaine à Keflavik (les forces américaines se sont retirées en 2006), le plus grand aéroport du pays. Dans ce thriller, Arnaldur met en évidence la fragilité islandaise face à la présence américaine, écrasante militairement, mais également économiquement non négligeable. En effet, la base fait vivre beaucoup d’Islandais, et les timides rodomontades des officiels islandais quand l’opération américaine commence à faire du bruit sont rapidement étouffées par un chantage à la délocalisation d’un genre unique. L’Islande est un terrain de jeu, et les Islandais n’ont qu’à s’y faire.

A partir d’une hypothèse historique forcément au sommet du complotisme, mais qui tient la route avec les éléments à la disposition du lecteur, Arnaldur brode un thriller aussi efficace que les Jason Bourne de Ludlum, mais nettement plus crédible. Pas de centre-ville à feu et à sang (ou si peu), pas d’explosions en cascade, mais quelques méchants flippants, une bonne dose de « on ne vous dit pas tout », et un quidam qui n’a rien demandé à personne et se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Le résultat est forcément très différent dans l’esprit de la série des enquêtes d’Erlendur, mais absolument redoutable.

 

Ailleurs sur le net, Didier Bazy en parle sur La Cause Littéraire ici, une note de lecture de Bruno (BMR) sur un polar-collectif ici, et un entretien avec Arnaldur à propos de ce roman sur ActuaLitté ici

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