A la rencontre des cépages modestes et oubliés (André Deyrieux (dir.), 2016)

Au-delà de la syrah, du cabernet, du sauvignon et du chardonnay, des dizaines de cépages se maintiennent ou revivent

Après des années de relative uniformisation, le monde du vin redécouvre les joies de la diversité en revenant à une large gamme de cépages. Sorti de la syrah, du cabernet, du sauvignon ou du chardonnay, de nombreuses variétés locales refont leur apparition dans les vignes et chez les cavistes, portée par une demande d’authenticité qui fait également le bonheur des microbrasseries.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Il s’ouvre sur des éléments de contexte et de plaidoyer. Qu’est-ce qu’un cépage, quel est le rôle des conservatoires de vigne, d’où sortent les noms des cépages ? Autant d’informations fondamentales pour comprendre ce qui suivra.

Dans la deuxième partie, les contributeurs introduisent une cinquantaine de cépages « modestes ou oubliés ». Dans la liste, il y a de tout. Des cépages modestes par le prestige (le carignan, largement délaissé après les excès jusqu’aux années 60) ou les volumes (le tressallier, cépage de Saint-Pourçain, le romorantin à Cour-Cheverny, ou le poulsard jurassien). Des cousins en danger de disparition, comme l’enfariné, passé de 90 hectares cultivés en 1958 à 0,04 hectares en 2011. Mais aussi des variétés délaissées puis redécouvertes, à l’instar du regain d’intérêt pour le petit verdot. Chaque fiche est accompagnée du portrait d’un vigneron emblématique, qui incluent des « grands » et des célébrités (la coopérative de Plaimont, Marcel Deiss en Alsace, le domaine A et P de Villaine à Bouzeron) mais aussi et surtout bon nombre de petits domaines engagés dans la préservation d’un patrimoine viticole ancestral.

Les fiches reflètent la diversité des contributeurs. Il y les fins techniciens, qui rentrent dans le détail de la géologies des terroirs ; les historiens, qui privilégient la quête des origines du cépage ; et ceux qui optent pour un portrait de vigneron. Au milieu des fiches de cépages, on note aussi quelques écarts sur la complantation en Alsace, les treize cépages de Châteuneuf-du-Pape ou l’encépagement corse.

Ce guide est un bel hommage aux vignerons qui perpétuent des cépages moins « faciles » à placer que les grands classiques. Si ni le thème ni son traitement ne sauront intéresser tout le monde, les néophytes pouvant se rabattre sur le guide d’initiation d’Ophélie Neiman par exemple, c’est un beau cadeau pour les passionnés et les amateurs éclairés.

 

Ailleurs sur le net, le site de la rencontre des cépages modestes est ici

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