Le Négrier de Zanzibar (Louis Garneray, 1851)

negrier de zanzibarAvant de devenir un célèbre peintre de marine, Ambroise Louis Garneray a été marin dans les campagnes contre l’Anglais au début du XIXème. Il navigua notamment avec le célèbre corsaire malouin Robert Surcouf et participa à lhéroïque prise du Kent en 1800. Ses mémoires ont été publiées à partir des années 1850 et reviennent sur ses années en mer.

Néanmoins, alors qu’on aurait pu attendre beaucoup de ce témoignage, les contradictions sont trop énormes pour qu’on puisse croire en « l’impartialité de l’historien » dont Garneray se prévaut. Tout à son affaire d’informer objectivement le lectorat français et de dissiper les mythes que la littérature marine a pu créer, Garneray affirme ainsi à propos de ce que certains romanciers ont pu écrire : « que l’on change jusqu’à un certain point et dans une certaine mesure l’aspect d’un négrier, je le conçois ; mais on ne le dénaturera jamais de telle façon qu’il en devienne méconnaissable aux yeux des gens du métier. » Cinquante pages plus tard, c’est pourtant en déguisant leur navire négrier que Garneray et ses compagnons tentent d’échapper aux douanes de Zanzibar…

Les aventures rocambolesques rapportées dans le premier volume, Corsaire de la République, qui contient notamment la légendaire prise du Kent, faisaient penser à un tome de Barbe-Rouge. Un peu enfantin et sautillant mais sympathique. Ici, on aurait cru Charlier en manque d’inspiration. On pourra donc aisément se passer de cette lecture.