Les Oliviers du Négus (Laurent Gaudé, 2011)

En quatre nouvelles, Gaudé racontre quatre personnages pour qui la vie est un combat permanent : un vétéran des guerres éthiopiennes de Mussolini, un soldat de la Grande Guerre, un légionnaire romain et un juge antimafia sicilien.

oliviers du negus

Gaudé revisite ses thèmes récurrents. Dans cette lutte absurde avec la vie et dans l’omniprésence du destin et de la mort, La Porte des Enfers ou La Mort du Roi Tsongor ne sont pas loin. Quand il parle d’Italie, on retrouve les mêmes ambiances que dans Le Soleil des Scorta. Comme souvent, ses personnages sont pétris d’absolus, profondément tragiques dans leur lutte acharnée contre le sort. Le destin, la terre sont des personnages de Gaudé face auxquels les velléités humaines paraissent bien dérisoires. Et pourtant ces hommes sont habités d’une mission… Nous les découvrons dans leurs questionnements, dans leurs doutes et leurs fausses hésitations entre fuite et combat, alors même que le destin leur interdit la fuite.

On sait ce qu’on trouvera en ouvrant un bouquin signé Gaudé. C’est agréable à lire, le style est très oral, les quatre nouvelles ont la fluidité de dialogues (ce qui donne envie de fouiner du côté du théâtre de l’auteur, qui constitue la majeure partie de son œuvre). Ça sent la terre et la sueur, ça a le goût des tragédies grecques revisitées à l’italienne. Gaudé n’est jamais aussi bon que quand il traite ces thèmes éternels, quand il évite l’actualité (à laquelle il s’était essayé dans le dispensable Eldorado), pour s’attarder quelque part dans un monde qui ne change qu’à regret et à moitié. Ceux qui ont aimé Dans la nuit Mozambique apprécieront certainement.