Le Monde du bout du monde (Luis Sepulveda, 1993)

A seize ans, un jeune homme part en voyage initiatique à l’extrême sud de la Patagonie, chercher les baleines avec les derniers pêcheurs. Devenu adulte et journaliste indépendant à Berlin, il reçoit une information troublante : un navire-usine japonais serait arrivé dans ces mêmes eaux pour traquer les baleines Chaudron, au mépris des conventions internationales. L’enquête est lancée, et elle le ramènera sur les traces de sa jeunesse.

monde du bout du monde

Un héros qui court après son passé, qui sauve des baleines et retrouve les lieux de son enfance, un capitaine bourru mais gentil, un grand méchant Japonais assoiffé de sang de cétacé. Que de clichés, mes amis, que de clichés. Sepulveda enfile les poncifs avec une facilité déconcertante. Toutes les grandes causes plus ou moins perdues sont là : les Indiens qui disparaissent, les baleines victimes de la chasse, la nature qu’on souille… Et tout cela en 130 pages aux marges autoroutières et aux caractères gros comme des cerises, ce qui vous laisse imaginer l’indigestion provoquée.

Ce n’est pas qu’on n’aime pas Sepulveda chez Eustache. On a apprécié Le Vieux qui lisait des romans d’amour. Et même si on a trouvé Un nom de toréro nettement moins bon, on s’est dit que ça n’était pas dramatique. Aussi est-ce sans préjugé aucun qu’on s’est plongé dans ce volume. Mais là, décidément, impossible de recommander ce bouquin, indigeste et convenu au possible.

Si on veut en apprendre un peu plus sur le Chili, on lira plutôt Coloane. On sentira l’iode comme si on y était, on frémira quand les baleiniers affrontent des creux comme des immeubles, bref, ça aura l’odeur du vrai. Et jamais on n’aura le sentiment de lire le script d’un mauvais téléfilm de Noël.